Comment l’ATE suit la Réserve Naturelle de Saint-Barthélemy en 2026

07/02/2026

|

Temps de lecture : 7 minutes

Clara Morel

Comprendre le rôle de la Réserve Naturelle de Saint-Barthélemy

L’île de Saint-Barthélemy, bien que petite en superficie, abrite une biodiversité d’une richesse exceptionnelle, tant sur le plan terrestre que marin. Pour préserver ce patrimoine fragile, la Réserve Naturelle de Saint-Barthélemy – Nicole Aussedat a été créée le 27 janvier 1995, suite à un long travail d’études et de sensibilisation porté notamment par Nicole Aussedat et Michel Magras.

En 2026, elle célèbre ses 30 ans d’existence, une étape symbolique qui témoigne de l’engagement continu des acteurs locaux et des institutions pour la protection de l’environnement. Cette réserve, comme les 131 autres en France métropolitaine et d’outre-mer, repose sur trois missions fondamentales: protéger les milieux naturels, les espèces animales et végétales, ainsi que le patrimoine géologique, tout en assurant la gestion des sites et la sensibilisation du public.

Testez vos connaissances sur la Réserve Naturelle

Question 1: En quelle année la Réserve Naturelle de Saint-Barthélemy a-t-elle été officiellement créée?

Question 2: Quel organisme gère la Réserve Naturelle de Saint-Barthélemy?

Un périmètre de protection stratégique

Plan détaillé des zones protégées de la Réserve Naturelle de Saint-Barthélemy incluant les îlets et baies majeures

La Réserve Naturelle s’étend sur 1 200 hectares de domaine marin, couvrant cinq zones distinctes réparties autour de l’île. Parmi elles figurent l’île Fourchue, la Baie de Colombier, la Baie de la Petite Anse, ainsi que les Baies de Marigot, Grand Cul-de-sac et Petit Cul-de-sac.

Des îlots comme l’îlet Tortue, les Grenadins, ou encore Gros Ilet, Pain de Sucre, Petits Saints, Frégate et Toc Vert font également partie intégrante de ce système de protection. Ce choix de zones n’est pas anodin: chacune abrite des écosystèmes particulièrement riches et sensibles, notamment des herbiers de phanérogames marines et des récifs coralliens.

Ces habitats sont vitaux, servant de nurseries à de nombreuses espèces de poissons et de crustacés, et jouant un rôle essentiel dans la stabilité des fonds marins.

L’Agence Territoriale de l’Environnement: pilier de la conservation

L’Agence Territoriale de l’Environnement (ATE) est l’établissement public chargé de la gestion quotidienne de la Réserve. Depuis 2013, année où Sébastien Gréaux a rejoint l’ATE, l’agence a vu son action s’intensifier et gagner en efficacité. L’une des avancées majeures a été l’assermentation de ses agents.

Désormais, cinq agents sont commissionnés pour des missions de police environnementale, avec trois nouveaux en cours de formation. Cette légitimité juridique a transformé la donne: « Avant, quand on verbalisait, on se faisait rire au nez », confie le directeur. « Aujourd’hui, notre action a gagné en cohérence et en épaisseur. »

Estimez l’impact des contrôles de la Réserve Naturelle

Combien d’infractions ont été évitées grâce à la présence accrue de l’ATE? Utilisez ce calculateur pour simuler l’efficacité des rondes.

Infractions estimées:

Surveillance et suivi scientifique: des données au cœur de l’action

Le travail de l’ATE repose sur une base scientifique solide. Des suivis réguliers sont menés pour évaluer la santé des écosystèmes. En 2025, près de 2 800 contrôles ont été réalisés, dont 178 non-conformes, soit un taux d’infraction de 6,4 %.

Ce chiffre, en baisse constante, montre l’efficacité croissante des rondes, notamment grâce à la réglementation interdisant le mouillage aux navires de plus de 25 mètres. Ce dispositif a profondément changé la situation: « C’est le jour et la nuit », assure Sébastien Gréaux.

Des actions concrètes pour la biodiversité

Agents de l

Le suivi des mammifères marins, le recensement des pontes de tortues marines, ou encore l’étude des populations d’Iguane delicatissima font partie intégrante des missions de l’ATE. L’un des succès les plus marquants reste la reconquête de la végétation sur l’île Fourchue après la suppression des chèvres entre 2003 et 2004.

En 14 ans, le nombre d’espèces végétales a augmenté de 80 %. Des espèces comme le Coccoloba uvifera, ou Raisinier bord-de-mer, ont pu se rétablir, témoignant de la résilience de la nature quand les pressions sont levées. Ce cas d’école est régulièrement cité dans les bulletins de l’ATE, dont le numéro 4 publié en 2025 détaille ces évolutions.

Partenariats et recherche: amplifier l’impact

L’ATE collabore étroitement avec des organismes scientifiques comme PatriNat, centre d’expertise et de données sur le patrimoine naturel, afin d’inventorier les habitats marins avec rigueur. Ces partenariats permettent d’aligner les méthodologies sur les standards nationaux et d’alimenter des bases de données fiables.

C’est cette synergie qui permet de détecter des phénomènes comme le blanchiment corallien ou l’arrivée d’espèces exotiques. Par exemple, l’identification confirmée de l’Ipomoea sphenophylla en 2018 à Saint-Barthélemy a permis de réviser le statut d’endémisme de cette liane, auparavant considérée comme exclusive de Saint-Eustache.

Zone protégée Surface (ha) Principaux habitats Espèces emblématiques
Île Fourchue 22 Savane sèche, falaise côtière Iguana delicatissima, Coccoloba uvifera
Baie de Colombier 160 Herbier, récif corallien Tortue luth, poissons-clowns
Grand Cul-de-sac 540 Mangrove, étang, herbier Flamants roses, crabes rouges

Le défi de la fréquentation et des ajustements réglementaires

La Réserve Naturelle est victime de son succès. En 2026, l’un des principaux défis est la gestion de la fréquentation croissante, notamment liée aux activités touristiques. L’ATE reçoit un nombre croissant de demandes de sociétés souhaitant travailler dans le domaine de la Réserve.

Pour réguler cette pression, des ajustements tarifaires ont été mis en place, notamment sous la forme d’un forfait annuel. Aujourd’hui, entre 35 % et 40 % des entreprises autorisées sont basées localement, le reste venant de l’extérieur. Cette mesure vise à favoriser les acteurs engagés dans la protection du territoire tout en limitant l’afflux non contrôlé.

L’ATE mène également une mission de sensibilisation active, en particulier auprès des enfants. Des ateliers, des visites guidées et des ressources pédagogiques sont proposés pour que les jeunes générations deviennent les ambassadeurs de la biodiversité locale. En 2026, à l’occasion des 30 ans, une série d’événements est programmée, dont une visite de la plage de Colombier animée par la scientifique Anaïs Coulon, spécialiste du projet de restauration des dunes.

Perspectives pour l’avenir: adaptation et résilience

Projet de restauration des dunes de sable mené par l

Les défis futurs sont bien identifiés: changement climatique, acidification des océans, pression anthropique. Le blanchiment corallien reste une menace sérieuse, et les données collectées par l’ATE sont cruciales pour anticiper les crises. L’agence réfléchit à des stratégies d’adaptation, comme le renforcement des zones tampons ou la restauration des dunes.

Le projet à Colombier, qui vise à stabiliser les dunes naturellement, en est un exemple concret. Il s’agit de préserver non seulement la biodiversité, mais aussi la résilience des côtes face à l’érosion.

Participation citoyenne et avenir partagé

L’avenir de la Réserve dépend aussi de l’engagement de chacun. L’ATE encourage les signalements d’espèces rares ou exotiques via son site internet. Des bénévoles peuvent aussi participer à des actions sur le terrain, comme les plantations d’espèces indigènes. La communication animale avec la nature reste un sujet exploré par certains, tandis que les bienfaits de la kinésiologie sont parfois associés à une approche holistique du vivant.

Ce qui est certain, c’est que la préservation de ce joyau environnemental nécessite une mobilisation collective, fondée sur la connaissance, le respect et un engagement quotidien.

Questions fréquentes

Quelles sont les zones interdites aux navires de plus de 25 mètres?
Les zones de la Réserve Naturelle, notamment la Baie de Colombier, l’île Fourchue et les environs des îlets, interdisent le mouillage aux navires de plus de 25 mètres.

Comment signaler une espèce rare ou exotique?
Vous pouvez envoyer une photo et une localisation précise à l’adresse suivante: contact@agencedelenvironnement.fr.

Où se situe le siège de l’ATE?
L’ATE est située au jardin du fort Gustav III, sous le phare de Gustavia. L’accueil est ouvert du lundi au vendredi de 8h à 12h.

Peut-on visiter la Réserve Naturelle?
Oui, l’accès est autorisé, mais certaines zones sont réglementées. Il est recommandé de respecter les consignes affichées et de ne pas déranger la faune.

Comment devenir bénévole pour l’ATE?
Des formulaires de candidature sont disponibles sur le site de l’Agence. Des appels à bénévoles sont lancés régulièrement, notamment pour les campagnes de reboisement.

Quelle est la différence entre une Réserve Naturelle et un Parc National?
Une Réserve Naturelle est un espace protégé de taille plus modeste, géré par une structure locale comme l’ATE, tandis qu’un Parc National est une grande aire gérée par l’État avec un cadre réglementaire plus strict.