En 2026, la Fondation Clément réaffirme son engagement culturel en mettant à l’honneur l’un des plus grands intellectuels caribéens du XXe siècle: Aimé Césaire. À travers deux expositions majeures, “Nous, laminaires” et “Aimé Césaire, un homme de ruptures”, le site du François propose une immersion profonde dans l’œuvre, la pensée et l’héritage du poète et homme politique martiniquais. Ces expositions, co-produites avec des structures artistiques et culturelles engagées, s’inscrivent dans une démarche de transmission et de réappropriation collective d’un patrimoine vivant.
Une double exposition pour une approche plurielle
Quelle exposition vous correspond le plus?
Répondez à ces 3 questions pour découvrir laquelle des deux expositions Césaire vous parlera le plus.
Question 1: Que recherchez-vous dans une exposition?
Les deux expositions, bien que distinctes dans leur approche, forment un ensemble cohérent et complémentaire. Tandis que “Nous, laminaires” s’adresse à l’intuition et à la sensibilité, “Aimé Césaire, un homme de ruptures” invite à la réflexion critique. Cette dualité reflète la richesse du penseur, capable d’allier lyrisme et engagement, poésie et politique.
Le public est ainsi invité à choisir son propre itinéraire au sein de ce parcours culturel, selon ses centres d’intérêt du moment.
“Nous, laminaires”: la Martinique vue par les artistes
Intitulée “Nous, laminaires”, cette exposition collective rend hommage au dernier recueil majeur d’Aimé Césaire, “Moi, laminaire…”, publié en 1982. Elle prend la forme d’un dialogue poétique entre les mots du poète et les œuvres visuelles de trois photographes contemporains: Juliette Agnel, Nicolas Derné et Xuebing Du. Chaque artiste explore à sa manière le rapport entre le vivant, la nature martiniquaise et la conscience collective.
Les photographies exposées ne sont pas des illustrations littérales mais des interprétations intimes. Elles capturent des paysages empreints de puissance, entre beauté sauvage et mémoire traumatique. Les couleurs saturées, les cadrages audacieux et les effets de lumière renvoient aux duels intérieurs que Césaire a souvent exprimés dans son œuvre: entre lumière et ombre, entre espérance et douleur, entre racines et ouverture au monde.
La commissariat de cette exposition a été assuré par Colette Césaire et Jean-Marc Lacabe, tandis que la mise en voix des textes a été confiée à Colette Césaire, offrant une dimension intime et personnelle à la visite. Cette attention portée à l’oralité rappelle que la poésie de Césaire est faite pour être dite, chantée, entendue.
“Aimé Césaire, un homme de ruptures”: tracer la trajectoire d’un penseur
Contrairement à la dimension poétique de “Nous, laminaires”, cette seconde exposition adopte un angle plus biographique et documentaire. Co-commissariée par Colette Césaire et Marc Césaire, en partenariat avec l’association Aimé Césaire Actuel, elle explore les grands moments de rupture qui ont marqué la vie du poète: rupture avec la France métropolitaine, rupture avec l’assimilationnisme, rupture avec les consensus politiques.
Des manuscrits originaux, des lettres, des affiches de campagne, des extraits sonores et des vidéos d’archives permettent de reconstituer les étapes clés de son engagement, notamment la création du mouvement de la Négritude aux côtés de Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas en 1934. L’exposition met en lumière son rôle de maire du François pendant près de six décennies, ainsi que ses positions sur l’identité martiniquaise, l’antillanité et la décolonisation.
Une expérience culturelle ouverte à tous
L’accès aux deux expositions est entièrement gratuit, de 9h à 18h30, 365 jours par an. Cette politique d’ouverture vise à démocratiser la culture et à permettre à tou·te·s, locales comme touristes, de s’approprier l’héritage d’Aimé Césaire. De nombreuses visites guidées sont organisées régulièrement, certaines animées par des membres de sa famille, ce qui ajoute une dimension humaine et émotionnelle à l’expérience.
Le lieu lui-même, l’Habitation Clément, participe à l’immersion. Nichée au cœur d’une ancienne distillerie de rhum, la fondation allie patrimoine industriel, architecture créole et nature luxuriante. Cette combinaison unique renforce le lien entre l’œuvre de Césaire et les racines de la Martinique, entre mémoire coloniale et renaissance culturelle.
Un projet fédéré par de nombreux partenaires
Ces expositions sont le fruit d’une collaboration entre plusieurs institutions: la Fondation Clément, la Direction des Affaires Culturelles de Martinique, le Comité Martiniquais du Tourisme et le Crédit Mutuel Antilles Guyane. Ce soutien institutionnel et financier souligne l’importance accordée à la préservation de la pensée césairienne et à sa diffusion auprès des nouvelles générations.
En 2026, ces expositions prennent une dimension particulière. Elles invitent à repenser les questions d’identité, de justice sociale et de souveraineté culturelle dans un contexte mondial en mutation. Comme le souligne un visiteur dans une vidéo publiée par Tête Haute et Noire, “Césaire n’est pas un monument du passé, c’est une voix qui parle encore aujourd’hui”.
La Fondation Clément et la transmission culturelle
Depuis sa création, la Fondation Clément s’est imposée comme un acteur majeur de la scène artistique caribéenne. En choisissant de consacrer deux expositions simultanées à Aimé Césaire, elle réaffirme son rôle de passeur culturel. Ce n’est pas seulement une question de mémoire, mais de transmission active d’une pensée qui continue d’inspirer les artistes, les écrivains et les militants de 2026.
Le succès populaire de ces expositions, confirmé par les retours enthousiastes du public, montre que l’œuvre de Césaire touche encore profondément. Comme en témoigne l’actualité culturelle autour de Coccoloba, les racines caribéennes inspirent de plus en plus de projets artistiques contemporains. Césaire, à travers ces expositions, apparaît comme un précurseur de cette renaissance culturelle.
Explorer la pensée césairienne aujourd’hui
En 2026, les idées de Césaire sur la négritude, le colonialisme et la dignité humaine restent d’une brûlante actualité. Les deux expositions proposent des clés pour comprendre non seulement son époque, mais aussi les débats actuels sur la réparation, la mémoire et l’émancipation. Le concept de “rupture”, central dans la seconde exposition, prend tout son sens dans un monde en crise de sens.
Les jeunes générations découvrent souvent Césaire à travers des extraits scolaires. Ces expositions offrent une autre voie: celle d’une rencontre vivante, émotionnelle, sensorielle. Elles permettent de dépasser la figure du “grand homme” pour accéder à celle d’un être profondément humain, traversé par des contradictions, des colères et des espérances.
Questions fréquentes
Quelles sont les dates d’ouverture des expositions?
Les expositions “Nous, laminaires” et “Aimé Césaire, un homme de ruptures” sont accessibles tous les jours de l’année, de 9h à 18h30, à la Fondation Clément au François, en Martinique.
L’accès est-il gratuit?
Oui, l’entrée aux deux expositions est entièrement gratuite, conformément à la politique d’ouverture culturelle de la Fondation Clément.
Qui sont les commissaires des expositions?
“Nous, laminaires” a été co-commissariée par Colette Césaire et Jean-Marc Lacabe. “Aimé Césaire, un homme de ruptures” a été co-commissariée par Colette Césaire et Marc Césaire, en partenariat avec l’association Aimé Césaire Actuel.
Quels sont les partenaires de ces expositions?
Les expositions sont soutenues par la Fondation Clément, la Direction des Affaires Culturelles de Martinique, le Comité Martiniquais du Tourisme et le Crédit Mutuel Antilles Guyane.
Quelle est la durée moyenne d’une visite?
Comptez entre 1h30 et 2h pour découvrir les deux expositions en profondeur, selon votre rythme et votre intérêt pour les œuvres et les archives.
Des visites guidées sont-elles organisées?
Oui, des visites commentées sont régulièrement programmées, certaines animées par Colette Césaire ou d’autres intervenants spécialisés.
Peut-on visiter les expositions avec des enfants?
Absolument. L’exposition “Nous, laminaires” est particulièrement accessible grâce à sa dimension visuelle et sensorielle. Des dispositifs pédagogiques peuvent être mis à disposition sur demande.
Que signifie “laminaires” dans le titre de l’exposition?
Le terme fait référence au dernier grand recueil poétique d’Aimé Césaire, “Moi, laminaire…”, où il s’identifie à une forme de vie primitive, symbiotique, liée au fond des mers, symbolisant à la fois la racine et la renaissance.